Chili - 3


Chili - Los Lagos / Los Rios / Araucanias / Bio-Bio / Ñuble / Maule / Libertador General Bernardo O'Higgins / Valparaíso
25 Jan 2025 11 Mar 2025
Thierry 12 March 2025  -   -   -   -   -   -   -  Lecture ~ 32 min.
Le tracé représente notre parcours - 2015/16 - 2017 - 2018 - 2018/19 - 2019/20 - 2022 - 2023/24 - 2024/25

Chili - 3

Cet article couvre la période du 25 janvier au 11 mars 2025, au cours de laquelle nous sommes rentrés à nouveau au Chili. Nous avons parcouru ce magnifique pays tout en longueur de l’ile de Chiloé à Santiago avec une petite incursion en Argentine pour storer Thor et avant de retourner sur la France depuis Santiago.

25 janvier

Les formalités argentines sont très rapides. La route n’est pas en bon état mais le décor est très beau, on roule dans le Parc National Puyehue. Il faut rouler 38 km à partir de la frontière physique avant d’arriver au poste frontière chilien qui se trouve pratiquement en bas de la cordillère. Les formalités immigration et douanes sont assez rapides, en revanche nous sommes tombés sur un fonctionnaire du ministère de l’agriculture très zélé. Il a entièrement fouillé Thor, tous les coffres extérieurs, les caisses de rangement, et à l’intérieur tous les placards, sous la banquette … bref longue fouille qui n’a rien donné puisque nous n’avions rien d’illégal.

Nous pouvons enfin entrer officiellement au Chili, le décor change radicalement, nous sommes dans une belle campagne très verte, très boisée, remplie d’hortensias mauves en fleurs et surtout avec de magnifiques volcans autour de nous principalement le volcan Osorno dont le sommet est encore tout blanc. Nous longeons de nombreux lacs et roulons jusqu’au Parc National Vicente Perez Rosales. Nous nous posons pour la nuit sur le parking d’un mirador, plusieurs voyageurs vont nous rejoindre au cours de la soirée.

26 janvier

Ce matin, on va jusqu’à Petrohue qui n’est en fait qu’un petit port, la route s’arrête là, devant le lac Todos los Santos. La vue sur le lac, les montagnes et volcans est incroyable, il fait très beau.

Je prends un bateau qui fait un tour de 45 minutes pour 6000 pesos. Au large la vue sur le volcan Osorno est magnifique.

Route jusqu’à Puerto Varas en longeant le lac Llanquihue. On mange à midi sur un mirador avec vue imprenable sur le volcan Osorno et le lac, un gars vend des parts de tarte sur le parking, on se prend une portion de tarte aux noix et une aux myrtilles, très bon.

Appel des enfants puis on fait quelques courses au magasin Jumbo, on trouve de tout et à un prix bien moindre qu’en Argentine. On roule vers Puerto Montt, on s’arrête dans une station Copec faire le plein, là par contre, ça fait mal, 1,32€ le litre d’essence…

Après plusieurs mois passés dans la pampa, on a un peu de mal depuis Bariloche avec ce retour à la “civilisation”, circulation, bouchons, difficultés pour rouler avec Thor, se garer et bivouaquer…

27 janvier

Ce matin, on fait route vers Puerto Montt, capitale régionale, elle compte près de 260 000 Hbts. La journée est dédiée à la logistique et va être très chargée. Je trouve un réparateur Apple et à l’ouverture, je lui amène mon MacBook qui ne charge plus depuis quelques jours. Il le branche avec ses câbles, tout fonctionne, c’est donc mon cordon d’alimentation, il prend une pince et le coupe directement au niveau du transfo. Il a un très bel atelier hyper moderne, il me ressoude le fil et tout refonctionne normalement, on parle longuement et il m’explique qu’il fait énormément de recyclage. Je lui parle de mon écran qui est fendu en deux, il en a peut-être un pour moi, usagé et me demande de repasser vers 15h00.

Nous allons ensuite faire de grosses courses dans un Lider (Walmart) et on en revient toujours pas de la différence de prix avec l’Argentine, cela compense un peu le prix de l’essence. En début d’après-midi, je vais chez un barbier me faire couper les cheveux, puis je trouve un garage qui peut me faire la vidange à 16 heures. A 15 heures, je suis chez le réparateur qui ne m’a pas trouvé d’écran 15’ de 2015. Retour chez le garagiste qui nous fait poireauter un long moment mais qui finit par nous changer l’huile et les filtres.

Nous prenons la route en fin de journée pour Pargua où nous avons réservé un ferry pour traverser un petit détroit qui nous mène sur la Grande Île de Chiloé qui fait partie de l’archipel de Chiloé qui compte une trentaine d’îles. C’est la deuxième plus grande île du Chili (184 km X 69 km) après l’île de Terre de Feu, elle compte 160 000 Hbts environ. A peine arrivés, on se pose à Chacao au bord de l’océan pour la nuit.

28 janvier

Ce matin, on passe par le centre de Chacao, premier point touristique dès que l’on arrive sur l’île. Toutes les maisons sont en bois, bardage de toutes les couleurs. Son église n’est pas inscrite au patrimoine de l’humanité mais elle est quand même très belle.

Nous roulons ensuite jusqu’à Ancud, ancienne capitale de Chiloé qui fut en partie détruite lors d’un tsunami en 1960. Nous avons énormément de mal à circuler dans la ville, du coup, on se pose à l’extérieur et nous prenons un Uber pour le centre ville. Nous visitons le “Museo de las Iglesias de Chiloé”, implanté dans une ancienne église transformée en musée qui présente des maquettes des principales églises classées par l’Unesco. Elles sont 16 en tout sur une centaine d’églises et chapelles que compte l’île. Elles ont été construites par les missionnaires Jésuites, compagnie de Jésus, au XVIII siècle. Petit musée mais bien agencé avec tout un pan de mur composé d’anciens éléments d’églises. Petit tour sur la Plaza de Armas où se trouve la nouvelle cathédrale de la ville, l’ancienne ayant été détruite.

Nous roulons ensuite jusqu’à Castro, capitale de l’île, célèbre pour ses maisons multicolores sur pilotis. La aussi, circuler est un enfer, impossible de trouver un endroit pour se garer. On sort de la ville et on prend un Uber qui nous conduit en centre ville. On comprend un peu mieux les embouteillages, la Plaza de Armas est entièrement bouchée par des tracteurs de poids lourds décorés de ballons gonflables, le plus souvent blancs. Devant l’église de San Francisco, un tracteur avec sa remorque plateau partiellement recouverte de bouquets de fleurs. Je rentre dans l’église pleine à craquer et je constate que l’on y célèbre des obsèques, certainement d’un camionneur. On fait un tour de la ville lorsque tous les camions actionnent leur trompes, le bruit est infernal. Ils sortent le cercueil qu’ils déposent à l’arrière d’un camion et le cortège part avec tous les camions qui suivent en continuant de klaxonner.

Une fois l’église de San Francisco vide, on entre. Si de l’extérieur, elle a l’air un peu défrichée avec sa façade jaune délavée, l’intérieur est magnifique, sobre mais avec de nombreux détails, tout en bois. La ville est tellement congestionnée qu’aucun Uber n’est dispo dans un temps raisonnable, on arrive quand même à monter dans un bus qui nous dépose devant Thor, trop sympa. A pied, nous allons jusqu’à Nercon voir l’Eglise Notre Dame de Grâce de Nercón qui se situe à quelques centaines de mètres. Plus petite avec un très joli jardin devant.

On reprend la route pour un arrêt rapide dans le village de Vilupulli, il faut emprunter une piste sur 2km pour arriver à l’Eglise Patrimonial San Antonio de Padue, toute petite et un peu abîmée, un dame accueille les visiteurs à l’entrée, elle est toute simple mais toujours construite entièrement en bois selon un plan directeur très reconnaissable de l’école de Chiloé. Elle ne vaut pas vraiment le détour…

On finit notre journée à Chonchi, petite ville qui abrite l’Eglise San Carlos de Borromeo, à la façade bleue et jaune avec un très bel intérieur, dommage qu’elle soit mal mise en valeur avec des câbles électriques qui bouchent la vue et les voitures garées juste devant. On tourne ensuite un bon moment pour se trouver un endroit pour la nuit.

29 janvier

Ce matin, nous quittons Chonchi et traversons l’île dans sa largeur pour rejoindre la côte pacifique et le Parc National Chiloé situé à Cucao. Chiloé est partagée en deux zones, la façade Ouest côté pacifique qui est très peu peuplée, Cucao étant la plus au Sud. Le climat est très humide et la végétation plus luxuriante, les précipitations annuelles avoisinent les 2 mètres et la façade Est qui donne sur le Golfe de Corcovado, face au continent, plus protégée et qui concentre la majorité de la population.

La route pour accéder à Cucao est très belle mais très étroite, on fait un petit arrêt au village de Huillinco qui se situe au bord du lac… Huillinco, très typique avec sa petite église et ses boutiques colorées.

On arrive enfin à Cucao, une autre impression de bout du monde… En début d’après-midi, nous rentrons dans le parc, le billet n’est pas très cher, c’est une bonne surprise. Nous faisons deux trails dans les sous bois dont 80% se fait sur des passerelles, c’est très beau, le plus souvent dans de véritables tunnels de végétation. On fait une dernier trail côté pacifique un peu dans les dunes avec deux miradors qui offrent une belle vue sur l’océan.

Il est encore tôt et on décide de s’avancer et d’aller jusqu’au bout de la Panaméricaine, Ruta 5, côté chilien, au Km 0. On rebrousse chemin et juste à la sortie du village, on tombe sur un jeune couple qui fait du stop, on décide de les prendre pour les avancer un peu. Elle est Française, lui Argentin, ils voyagent en sac à dos. On discute tout le trajet jusqu’à ce que nos routes se séparent, eux allant à Chonchi. Nous poursuivons la route jusqu’à Quellon et comme il est déjà tard, on décide de dépasser la ville pour aller à ce fameux point du KM “0”. C’est une très belle plage qui se situe en face de la ville et il y a énormément de monde, pas trop dans l’eau!!! On décide de rester là pour la nuit.

30 janvier

Ce matin, nous traversons Quellon qui ne présente pas vraiment d’intérêt si ce n’est son port qui permet de rejoindre la caratera austral. Nous, nous avons décidé de remonter et découvrir une autre partie de l’île et visiter d’autres églises inscrites au patrimoine de l’humanité.

Nous faisons un nouvel arrêt à Castro, la lumière étant différente, je refais quelques photos. Nous poursuivons jusqu’à Rilan pour découvrir l’Iglesia Patrimonial Santa María de Rilán, belle église bleue et blanche très bien conservée ou restaurée. La route pour arriver à ce petit village est bonne, un peu étroite avec des montées et descentes très impressionnantes.

En début d’après-midi, on reprend la route jusqu’à Dalcahue pour voir l’Iglesia Patrimonial de Nuestra Señora de los Dolores, nous faisons un petit tour de la ville qui est vraiment très agréable avec de nombreuses boutiques, restaurants, vendeurs de coquillages, c’est très vivant. L’église est l’une des plus grandes après celle de Castro, elle est toute simple et bien conservée.

On poursuit par le tout petit village de San Juan, la route pour y accéder est très étroite et finit par une descente vertigineuse sur une seule voie bétonnée, on a la chance de ne rencontrer personne. L’Iglesia Patrimonial San Juan Bautista ne vaut vraiment pas le détour, pas plus que le village en lui-même. Heureusement que Thor à des chevaux à revendre et surtout qu’il est propulsion arrière, il arrive sans peine à remonter le chemin.

Nous roulons ensuite jusqu’à Tenaún pour visiter l’Iglesia Patrimonial Nuestra Señora del Patrocinio, très belle église certainement la plus belle du jour, blanche et bleue avec ses deux étoiles en façade, très longue elle aussi.

Nous finissons la tournée des églises à Colo, petit hameau où l’on visite l’Iglesia Patrimonial San Antonio de Padua, toute petite mais bien conservée, avec son bardage en bois naturel. Comme toujours l’intérieur est assez sobre avec quelques maquettes de bateaux pendues ici et là.

Nous faisons un dernier arrêt dans le village de Quemchi. Ici comme sur toute la côte notamment dans les baies et fjords, il y a des dizaines de bassins de pisciculture où l’on élève des saumons, c’est la première source de revenus de l’île. Nous finissons notre journée à Chacao, nous décidons de passer la nuit ici, nous prendrons le ferry demain matin pour retourner sur le continent.

31 janvier

Nuit super calme au centre du village. Ce matin, nous reprenons le ferry et quittons la Grande Isle de Chiloé. Nous avons parcouru près de 600 km sur l’Ile. Notre sentiment est assez partagé, peut-être l’avions nous trop fantasmée mais nous sommes un peu déçus. Les paysages sont très beaux bien que je les pensais plus “luxuriants” et les églises ne sont pas exceptionnelles même si elles témoignent d’une époque, d’un savoir faire.

Après une quinzaine de minutes de traversée du canal de Chacao, nous retournons à Puerto Montt. Nous faisons le plein d’essence, d’eau, de nourriture et de gaz … on est paré pour quelques jours. Trop contents de trouver une pompe de gaz GPL pour remplir notre réservoir, nous devrions être tranquilles jusqu’à notre départ.

Nous faisons un petit arrêt à Puerto Varas, une des villes fondées dans la région par des Allemands. J’en ai parlé avec le réparateur de mon Mac et il me disait, poliment, qu’après la deuxième guerre mondiale de nombreux Allemands, mais pas de bonnes personnes, étaient venus se cacher ici. Je lui ai dit oui, des anciens SS, il a souri. Bref l’église de la ville a été construite selon les plans d’une église Bavaroise, elle n’est pas en très bon état et fermée à notre arrivée. Le seul intérêt de la ville et qu’elle se trouve au bord du lac Llanquihué juste en face de trois volcans, Osorno (2 652 mètres), Cabulco toujours actif (2 006 mètres) et au fond Cerro Tronador (3 478 mètres). De nombreuses enseignes de magasins sont écrites en lettres gothiques et le drapeau allemand flotte ici et là.

Nous décidons de continuer la route scénique des lacs, “Red Interlagos”, et passons par Llanquihue, Frutillar Bajo belle petite station balnéaire huppée pour finir à Puerto Octay où nous trouvons un bivouac sympa avec vue sur le lac et les volcans pour la nuit.

01 février

Ce matin, on roule Jusqu’à Osorno puis Valdivia on essaie au maximum de prendre les routes secondaires mais nous sommes obligés de temps en temps de prendre une portion d’autoroute. On traverse Valdivia qui n’à que peu d’intérêt et on file jusqu’à Niebla. La route est très belle et longe le fleuve Valdivia qui se jette dans l’océan pacifique. C’est le week-end et le premier jour de l’équivalent du mois d’août au Chili, autant dire que c’est blindé, impossible de trouver une place pour se poser. On fait demi-tour et on s’arrête à la grande brasserie Kunstmann qui fait aussi restaurant, d’ailleurs ce week-end, c’est la fête de la bière à Valdivia organisée tous les ans par cette brasserie. On y passe la soirée avec un plat traditionnel chilien “Lomo de Pobre” (Boeuf, frites, Oeufs et oignons fris, le tout avec une sauce) et surtout une bonne IPA. On passe un bon moment, les serveuses portent un costume de “Fräulein” on est presque en Allemagne. Les fondateurs précisent que leur famille a immigré depuis l’Allemagne dans les années 1870!!! On trouve un grand mirador pour passer la nuit.

02 février

On se lève avec la pluie, en plus, c’est dimanche, du coup on traîne dans Thor… En début d’après-midi, le temps se dégage un peu, nous appelons nos enfants puis décidons d’aller jusqu’à la plage Los Molinos. Avec le mauvais temps, il y a moins de monde et nous pouvons cette fois y accéder. On se gare et nous faisons un petit tour à pied.

De retour, on perçoit une certaine agitation, des cris, puis on voit passer un jeune homme devant nous à toute vitesse puis des gens lui courir après en disant “ladron”, “casa rodante”, là, je comprends instantanément qu’il s’est passé quelque chose avec Thor. Le type est déjà loin, il l’a échappé belle. Je fonce à Thor et constate que la fenêtre de coté est ouverte, on l’avait fermée mais pas verrouillée. On trouve sur la banquette un de nos sacs de course rempli de nos objets. Thor a été entièrement fouillé, mais au moment de partir il a été surpris par des personnes qui s’occupent de gérer les places de parking et qui lui ont couru après. Les carabiniers arrivent, un témoin leur donne l’immatriculation du véhicule et ils partent à sa poursuite. On attend un moment puis on décide de quitter les lieux. Au final, il ne nous a pris qu’une Go-pro et a juste endommagé une moustiquaire, on s’en tire bien. On file un bon billet à la dame qui l’a fait fuir.

Un peu dégoutés quand même, on reprend la route et l’on s’arrête dans une station Copec faire le plein et se poser sur un grand parking pour la nuit.

03 février

Ce matin, on se lève avec un épais brouillard qui se dissipe dans la matinée. Nous quittons l’axe principal pour nous rendre à Villarrica, ville touristique implantée au bord du lac du même nom. Nous arrivons tant bien que mal à l’office de tourisme qui se trouve en centre ville au milieu d’un très grand marché artisanal que nous parcourons.

Nous roulons ensuite en direction de Pucon qui est la station “balnéaire” à la mode et se trouve comme Villarrica au bord du même lac. 6 km avant l’entrée de la ville, nous tombons sur un gros bouchon et roulons au pas durant un long moment. Du coup on décide de commencer par grimper jusqu’au Parc National Villarrica qui abrite le très beau volcan… Villarrica. Nous faisons une randonnée sympa qui permet de marcher au milieu des coulées de lave avec de superbes points de vue sur le Volcan. Nous reprenons Thor ensuite pour monter un peu plus jusqu’à un mirador qui offre une belle vue sur le lac et le volcan.

Nous allons ensuite jusqu’au petit village de Caburgua qui se trouve au bout du lac … Caburgua. Sa particularité est d’avoir deux plages, l’une blanche et l’autre noire. Malheureusement, il y a énormément de monde, tous les parkings sont pleins, il est très difficile avec Thor de s’approcher et de circuler. Nous faisons demi-tour pour nous rendre au Parque Ojos des Caburgua où l’on peut voir de belles cascades qui tombent dans le rio … Caburgua.

La route est très étroite, heureusement, nous ne croisons que des voitures. Le garde à l’entrée voit arriver Thor et nous fait signe de continuer notre route… 100 mètres plus loin, on voit un parking qui nous accepte, il s’agit d’un autre site Mirador de Peces. Rien de oufissime, une petite promenade au bord de la rivière avec des bassins remplis de truites. Par contre, j’ai rarement vu une eau aussi limpide, cristaline…

Nous rebroussons chemin et nous allons mettre plus de 40 minutes à contourner Pucon, nous n’essayons même pas de rentrer dans la ville tant elle est congestionnée. Les guides disent de ne pas y aller en janvier et février, pour une fois, ils ont raison. Par contre, nous traversons assez facilement Villarrica en passant le long de sa longue plage. Le centre ville est vraiment agréable, tous les établissements sont bondés, ce n’est pas ici que nous allons trouver un endroit pour nous poser pour la nuit. On décide de rouler en direction de Temuco en espérant trouver un endroit sympa. On se tape un convoi de moissonneuses-batteuses qui nous oblige à rouler au pas pendant au moins 30 km. Finalement, nous finissons à plus de 20h00 sur une grande station Copec. On aura passé la journée dans Thor et dans les embouteillages, c’est un peu comme faire la côte d’Azur au mois d’août avec un camping-car de 8 mètres de long… Pas pratique.

04 février

Ce matin, on roule jusqu’à Temuco qui est une grande ville de presque 300 000 Hbts, capitale de la région Araucanias. Hier dans les descentes, mes freins avant faisaient un peu de bruit et j’aimerais les faire vérifier. Nous faisons 6 garages mais aucun n’a de temps à nous consacrer, du coup, on trace la route, on verra les freins plus tard, il n’y a pas d’urgence.

On fait une grosse journée route pour s’approcher de la côte pacifique, en fin de journée, on s’arrête dans le petit village de Santa Juana pour la nuit, nous sommes passés dans la région Bio-Bio, cela ne s’invente pas. Les autoroutes chiliennes sont un peu chères mais au moins elles sont en très bon état avec des aires de repos dignes de ce nom.

05 février

Ce matin, nous traversons un massif montagneux pour arriver dans l’ancienne ville minière de Lota pour visiter la Mina Chiflón del Diablo. Nous sommes bien sur la côte pacifique, une épaisse brume venant de l’océan envahit la côte. Je visite seul cette ancienne mine de charbon qui a fermé en 1976 et qui a fonctionné pratiquement 100 ans. On nous équipe d’un casque avec sa loupiote et on suit le guide à l’intérieur de la mine. Il ne s’agit pas d’une mine d’un parc d’attraction, la pente est raide, très humide, le plafond très bas et parfois très très bas obligeant de progresser accroupi.

Une fois en bas, un ancien mineur nous parle pendant plus d’une heure de l’histoire de la mine, du charbon et surtout de la vie des mineurs de l’époque qui travaillaient 7 jours sur 7, 12 heures par jour. L’immersion dans ce monde souterrain est réussi, mieux vaut comprendre l’espagnol pour bénéficier de toutes les explications.

A l’issue, nous roulons vers la grande ville de Conception, 250 000 Hbts, capitale de la région Bio-Bio. Mes plaquettes de frein sont à l’agonie, je trouve un immense garage pour camions sur la route qui fait la marque Ford entre autres. On s’arrête et ils acceptent de regarder mon problème. Au bout d’un long moment, ils m’annoncent que ce sont bien mes plaquettes mais qu’ils ne peuvent pas me les changer, ils sont bookés pour les 30 prochains jours. Ils me trouvent toutefois un garage spécialisé en frein, ils nous attendent demain pour 08h00. Du coup, on se trouve une station Copec proche où après avoir fait le plein, on se pose pour la nuit.

06 février

Ce matin, nous sommes à l’ouverture devant le garage. Ils regardent Thor un peu dubitatif, ne sont pas sur de trouver des pièces pour lui. Ils nous font rentrer dans l’atelier et nous autorisent à rester à l’intérieur. Ils cherchent toute la matinée et finalement trouvent les bonnes plaquettes qu’ils nous installent. Les anciennes n’étaient pas vraiment mortes mais celles de droite étaient un peu abimées. A 13h00, nous quittons les lieux pour une lavanderia. Au départ, le patron annonce à Corinne que l’on pourra récupérer le linge le 26 février… Corinne revient à Thor un peu dépitée et pendant que l’on cherche un autre endroit facile d’accès, le gars tape à la vitre de Thor et nous dit qu’exceptionnellement, parce que nous sommes des voyageurs, il nous le fera pour demain.

Nous finissons la journée sur une immense plage au niveau du petit village de Caleta Lenga, bercés par le vent.

07 février

Ce matin, on traîne et on profite de la vue sur la baie. En début d’après-midi, on retourne à Conception, je cherche un lieu pour laver Thor, après toutes les pistes de la Patagonie, il a bien besoin d’un lavage extérieur en profondeur. Je pense avoir trouvé un endroit où on lave les camions mais il ne doit plus exister. On tombe sur une petit garage avec deux mecs sympas qui disent à Corinne, on te le lave, nous, ton camion, Corinne négocie le prix, ils sortent tout le matériel et nous lave Thor avec ardeur.

On passe à la lavanderia chercher notre linge qui est prêt et nous prenons la route vers le Nord. Dès que l’on s’éloigne de la côte, la chaleur devient étouffante, on a presque 40° dans Thor, nous n’avons plus l’habitude!!! En fin de journée, on se pose dans une station avec des dumps et un Mc Donald, ça fait longtemps, on se laisse aller!!!

08 au 14 février

Aujourd’hui, nous faisons route vers San Clemente où nous allons passer quelques jours dans la famille de Corinne. La propriété est grande et Thor trouve un super préau pour se reposer quelques jours, comme nous. Nous avons l’occasion de déguster des plats typiques de la région, notamment un pasta de Choclo, un plat de viande oeufs recouvert d’une “pâte” réalisée avec du maïs frais mouliné, bien sur les emblématiques empanadas maison et comme la famille est d’origine italienne des pâtes, gnocchis, du pesto, bref ils nous régalent … Nous faisons quelques visites, une cave viticole qui propose de très bons vins, un moulin avec une huile d’olive plusieurs fois primée, les termes Panimávida et le petit village de Rari où chaque maison abrite un atelier d’objets artisanaux…

Le 14, nous quittons la région de Talca pour la capitale, Santiago de Chile, où nous nous sommes reçus également dans la famille de Corinne. La traversée de la ville se fait bien, c’est un peu comme Paris au mois d’août, Thor trouve une place sur un parking privé de la résidence où nous logeons en plein centre. Santiago compte 7 millions d’habitants soit un tiers de la population chilienne. C’est la troisième ville la plus riche d’Amérique du Sud.

15 au 19 février

Nous passons nos journées en famille avec beaucoup de discutions. Il faut dire que l’actualité internationale est assez dense et même si les Chiliens sont loin de l’Europe et du Moyen Orient, ils se posent de nombreuses questions. Ils comprennent difficilement les choix et l’idéologie européenne, et se font une idée assez juste de Macron. J’avoue que j’ai du mal et parfois honte lorsque je tente de leur expliquer notre société, décadante…

Nous en profitons pour visiter à nouveau le centre de Santiago, le palais de la Moneda, l’église et le musée de San Francisco, la plaza de Armas avec la très belle Cathédrale Métropolitaine de Santiago et quelques musées. On passe également une journée à Santa Cruz qui se trouve à 200 kilomètres au Sud de la capitale, nous visitons entre autre un très beau et grand musée “Museo Colchagua” issu d’une collection privée très éclectique sur l’histoire chilienne qui va des fossiles à des locomotives en passant par l’art et la culture précolombienne, des armes, machines agricoles, objets contemporains… On y passe un excellent moment, le détour vaut vraiment la peine.

20 au 24 février

On laisse Thor à Santiago et nous partons toujours en famille sur la côte Pacifique à Algarrobo dans la province de Valparaiso, c’est la station balnéaire prisée des “Santiaguinos”. C’est encore les vacances estivales et les rues et les plages sont bondées. La différence de température est incroyable, nous sommes au bord de l’océan et les températures ne dépassent pas les 19° sans compter la brume, gros changement par rapport à Santiago où il faisait assez chaud. Nous y passons quelques jours très agréables, balades en ville et autour de la ville, poses restaurants, bref les vacances…

25 février au 01 mars

Retour sur Santiago avec d’énormes bouchons pour entrer dans la capitale, nous apprenons par la radio que tout le pays est touché par une panne de courant, sans précédent dans le pays, qui va de Arica à la région des lacs. Tout c’est arrêté y compris la signalisation et le métro, c’est un peu la panique générale. Nous arrivons tout de même à destination et l’électricité reviendra petit à petit jusqu’à minuit. Le lendemain, les médias se sont déchaînées obligeant le gouvernement et le président à prendre la parole.

Depuis quelques temps, nous avons notre système solaire qui ne fonctionne que par intermittence, persuadé qu’il s’agit d’un problème de connectique. Je profite d’être à Santiago pour trouver un réparateur qui se déplace directement dans la résidence où Thor est stationné. Après vérification de l’installation, il estime que le problème vient du boitier régulateur. Il me le change et bien sur, cela ne fonctionne toujours pas. Finalement, le 01 mars, il revient auprès de Thor et me change enfin une connectique du panneau solaire qui se trouve sur le toit et, miracle, le courant vers les batteries est rétabli. Dernier repas en famille puis nous reprenons la route en milieu d’après-midi. La traversée de Santiago est hyper simple et rapide, le réseau routier est vraiment bien fait avec d’immenses tunnels qui permettent de traverser cette grande ville. Nous nous arrêtons à mi-chemin sur une aire de repos pour y passer la nuit.

02 mars

Ce matin, le temps est brumeux, on reprend la route en direction de Laguna Verde où on se pose, une fois n’est pas coutume, dans un camping. Cette localité n’est qu’à une dizaine de kilomètres de Valparaiso, idéal pour visiter la ville sans y rentrer avec Thor. Comme souvent ici, au bord du Pacifique, le soleil n’apparait que tard dans l’après-midi.

03 mars

Ce matin, il fait très beau. Nous avions envisagés de prendre un bus pour Valparaiso mais j’ai trop mal au dos pour pouvoir passer la journée à crapahuter. On aura d’autres occasions de visiter la ville. On décide donc de lever le camp direction l’Argentine. Nous n’avons presque plus de gaz et à Santiago aucune station Copec vendant du GPL n’a voulu nous servir, disant qu’ils avaient interdiction de faire le plein des camping-cars. J’ai trouvé une station Copec à Viñar del Mar, on fait un petit détour, arrivés à la station, je me gare devant le GPL, ouvre ma trappe, le gars arrive, regarde un peu le réservoir et me fait le plein… alléluia !!!

Nous roulons toute la journée plein Est en direction de la cordillère des Andes. Juste après El Juncal, on entame une montée vertigineuse en direction du lac Del Inca. Il ne s’agit pas moins de 27 lacets qui permettent d’arriver à Portillo, station de ski que se trouve au bout du lac. Nous sommes passés du niveau de l’océan à 2840 mètres. Nous décidons de rester là pour la nuit.

04 mars

La nuit a été très fraîche, il y avait 9° dans Thor au réveil. Heureusement que nous avons fait le plein de gaz, le chauffage remonte un peu les températures. Nous reprenons la route sous un beau soleil, on passe le col qui culmine à 3210 mètres puis passons côté argentin. Le poste frontière commun aux deux pays se trouve 15 km plus bas. A 1 km du poste frontière nous sommes arrêtés par un immense bouchon, il y a des milliers de voitures, principalement des argentins qui rentrent chez eux. Nous mettrons 4h30 pour arriver au poste. Après renseignements, c’était un week-end prolongé pour le carnaval d’où tout ce monde, on a bien choisi notre jour!!!

Formalités rapides, le douanier argentin regarde l’intérieur de Thor, vite fait, puis me souhaite bon voyage et me fait signe d’y aller… Je lui dit non il me faut un permis d’importation temporaire pour Thor, je ne rentre pas en Argentine sans ce document. Il me regarde d’un air dubitatif puis appelle un de ses collègues qui m’amène dans les bureaux pour me rédiger le document, il nous accorde 8 mois pour Thor, nous sommes soulagés, nous allons pouvoir le laisser à Mendoza quelques mois.

La route qui nous mène à Uspallata est magnifique, petit arrêt au Pont de l’Inca, bizarrerie géologique. On retrouve les montagnes de la cordillère avec ses couleurs magnifiques. Arrivés dans le village, nous empruntons une piste très roulante qui nous mène à un Cerro de 7 colores, le décor au couchant est magnifique, nous décidons de passer la nuit ici dans ce coin perdu. Nous adorons ces bivouacs hors du temps. Le soir, un jeune zorro magnifique vient quémander pitance.

05 au 09 mars

Nuit incroyablement calme et ciel étoilé magnifique, très profond. Nous prenons la route jusqu’à Mendoza, le décor est grandiose. Nous allons directement en centre ville pour faire quelques courses pour ces derniers jours et quelques emplettes. Nous ne visitons pas vraiment la ville, nous ferons cela de retour. En fin d’après-midi nous nous dirigeons vers Palmira situé à une trentaine de kilomètres. Notre hôte pour ces derniers jours, nous indique qu’il n’arrivera que dans la nuit, du coup, nous campons dans la rue devant chez lui.

Le lendemain matin, nous faisons connaissance de Valentin, il met sa grande maison et son jardin à disposition des voyageurs, ainsi qu’un grand hangar où l’on va storer Thor pour huit mois.

On passe les jours qui suivent à préparer Thor à l’hivernage et les bagages pour le retour. Samedi c’est Irlande - France mais malheureusement Valentin ne dispose que des chaînes foot sur le câble. Il se débrouille de récupérer le compte Disney + d’une de ses filles installées en Espagne afin que je puisse regarder le match en direct, et quel Match !!!!

Dimanche matin, nous sommes fin prêts, on conduit Thor sur son lieu de villégiature et on lui dit au revoir. Valentin nous conduit à la gare routière de Mendoza où nous prenons un bus à étage pour revenir sur Santiago. C’est la première fois que nous prenons ce genre de bus, j’ai pris des places au 1er étage, Corinne est hyper angoissée mais finalement le voyage est hyper agréable. Pour une fois, je ne conduis pas et je peux apprécier pleinement le paysage. Je ne me lasserai jamais de la cordillère, je trouve ses montagnes absolument magnifiques, la texture et les couleurs sont incroyables, le tout sur fond de ciel bleu profond. Le passage en douane est ultra rapide, il n’y a personne. Je suis surpris, lorsque l’on attaque “El Caracol” avec ses 27 lacets, du maintien de l’assiette du bus dans les virages, malgré sa hauteur, on ne tangue pas, il parait impossible d’avoir le mal des transports.

Nous arrivons à la gare routière de Santiago après 7 heures de voyage puis prenons un autre bus, de ville ce coup-ci, pour arriver dans le quartier de Las Condes, dans la famille.

10 et 11 mars

On passe ces derniers moments en famille, nous allons au très beau Mercado Los Dominicos pour ramener quelques souvenirs. On quitte le Chili et l’été à 12h00 à bord d’un Airbus A350 d’Air France pour 13 heures de vol puis retour à la casa sous un ciel gris et des températures… hivernales.

Ces 5 mois de déconnexion et d’itinérance se sont super bien passés. Nous n’avons rencontré aucun problème insurmontable, juste ce qu’il faut d’épices pour rendre cette aventure passionnante. Thor a été une fois de plus royal et nous a permis de parcourir près de 15000 km en toute quiétude. Nous revenons avec des milliers d’images et moments inoubliables en tête. Les paysages, les habitants, les rencontres, les grands espaces, la faune, ces sensations de bouts du monde, ces montagnes, ces glaciers, ces couleurs, ces saveurs… Bref que du bonheur!!!

Photos et vidéo plus tard !!!!