Colombie - Côte Caraïbe


Colombie - Bolivar / Magdalena
10 Jan 2022 5 Feb 2022
Thierry 7 February 2022  -   -   -   -  Lecture ~ 37 min.
Le tracé représente notre parcours - 2015/2016 - 2017 - 2018 - 2018/2019 - 2019/2020 - 2022

Colombie - Côte Caraïbe

Cet article couvre la période du 10 janvier au 05 février 2022, au cours de laquelle nous sommes revenus en Colombie après cette période folle de Covid, avons remis Thor en bon ordre de marche et avons silloné une partie du Nord du pays.

Nous avions pour habitude de dire à chaque départ que nous quittions notre zone de confort pour partir à la découverte de nouveaux horizons, à l’aventure quoi, au moins pour nous… Cela n’a jamais été aussi vrai… 616 jours plus tard, nous repartons enfin pour la Colombie avec des valises d’incertitudes. Qu’en sera t-il de la situation sanitaire et économique du pays ? Dans quel état allons nous retrouver Thor ? Va t-il nous reconnaître ? Connaissant bien les méandres de l’administration colombienne, pourra t-on faire prolonger une énième fois notre titre d’importation temporaire pour Thor pour continuer la route sereinement ou serons-nous contraints de quitter précipitamment le pays en quelques jours ?… Nous partons, alors que la frontière terrestre avec l’Equateur est ouverte depuis peu mais, pour l’instant, la frontière terrestre entre l’Equateur et le Pérou est toujours fermée et rien n’annonce une ouverte prochaine. Pourtant c’est là que nous devons nous rendre pour pouvoir y laisser Thor à nouveau. On verra bien et après les plans A, B… il reste toujours l’improvisation. Début janvier, nous prenons notre décision… on repart.

10 janvier

Comme toujours, c’est André, notre beau-frère qui est de corvée, il nous conduit à la gare TGV pour monter à Roissy CDG. Pour la première fois, nous prenons Air France. L’avantage est double, vol direct vers Bogota et le fait que l’on n’aura pas tout l’aéroport de Roissy à traverser pour arriver au bon terminal. J’aurais bien aimé faire un détour de quelques jours aux USA mais les prix sont encore élevés et nous craignons que la situation change du jour au lendemain et que l’on se retrouve confinés en quarantaine, lors d’une escale, c’est déjà arrivé.

Nous arrivons à l’heure à Roissy et trouvons rapidement notre Terminal. Avec la Covid, toutes les procédures se sont dématérialisées et que ce soit avec la SNCF ou Air France, tout se fait via leur application, même l’enregistrement et la dépose des bagages se fait par nous-même, limitant ainsi les contacts. Un simple contrôle de notre pass sanitaire et nous voilà en salle d’embarquement. Aucune question sur le fait que nous ayons, ou pas, un billet pour sortir de la Colombie dans les 90 jours.

Nous décollons de Paris avec une bonne heure de retard et la capitaine de bord nous annonce que l’horaire ne pourra pas être rattrapé. Notre voisin est français, ex-marié à une colombienne de Cartagena, il y retourne pour la première depuis deux ans, un peu comme nous. En discutant, il nous met la pression car il pense que jamais nous n’aurons le temps de prendre notre correspondance pour Cartagena à Bogota.

On arrive effectivement à Bogota en retard. Il est près de 21 heures 00, la température est douce et agréable, il faut dire que la capitale se trouve à 2600 mètres d’altitude. Juste avant de passer devant l’officier de l’immigration, une personne nous “contrôle” ou plutôt jette un oeil à notre pass sanitaire sur l’application tous anti-covid. Pas de question, pas de prise de température. Après quelques questions, nos passeports sont tamponnés, visa accordé pour 90 jours. Commence alors une véritable course d’orientation pour trouver le hall des départs puis la bonne porte. Heureusement, les bagages sont automatiquement transférés, du moins nous l’espérons et nous avions, déjà depuis la France, édité notre carte d’embarquement. Nous arrivons finalement à la bonne porte, et en avance…

Le vol intérieur avec la LATAM se passe bien, en sortant de l’avion, nous sommes littéralement assommés par la chaleur et la moiteur de Cartagena de Indias, il fait pas loin de 30° encore. Notre grosse valise chargée principalement de pièces détachées passe les douanes sans encombre. Un taxi nous conduit à notre hôtel l”Avenida Buenos Aires” où nous avons déjà passé 2 mois enfermés en 2020, nous sommes fidèles… ou maso. Nous traversons des quartiers très pauvres, sales avec une population nocturne déambulante, titubante. Il faut toujours un temps d’adaptation quand on vient de France pour s’habituer à son nouvel environnement. L’enregistrement terminé et le temps d’envoyer un sms à la famille pour les rassurer de notre arrivée, nous nous écroulons après près de 24 heures de voyage.

11 janvier

Ce matin, on retrouve les employés de l’hôtel, Agustina nous tombe dans les bras, elle est très émue. Nous retrouvons notre petit déjeuner habituel ici accompagné de jus de fruits maison et des fruits frais. En milieu de matinée, Juan Pablo vient nous récupérer à l’hôtel. C’est le fils de Ana qui s’est occupée de nous et surtout de Thor depuis notre arrivée en Colombie en 2020. Il nous conduit au lieu de stockage de Thor, un genre de parking dans un collège très bien ceinturé et gardé. Thor, n’était pas tout seul puisque entouré de nombreux Iguanes de “garde”. Nous découvrons Thor dans un triste état extérieur, c’est normal il vient de passer un an sous un arbre. Après un tour d’inspection, rien n’est cassé ni détérioré, tout à l’air “normal”.

Cartagena de Indias - [Colombie]

Heureusement, il était garé en pente ce qu’il fait que l’eau de pluie n’a pas stagné sur le toit. A l’intérieur, rien n’a bougé, rien ne manque, il y a un peu de poussière et quelques toiles d’araignée mais pas de moisissure. Franchement, nous sommes agréablement surpris. Nous avions déjà remarqué qu’il était très étanche et laissait peu entrer la poussière même en roulant sur des pistes. Les batteries sont toutes vides. Je démonte la batterie moteur, Juan Pablo passe un coup de fil et un vendeur de batterie arrive en scooter, m’installe une nouvelle batterie et repart avec l’ancienne, encore mieux qu’Amazon. Un coup de clé et le V10 de 6,8 litres rugit. Je n’insiste pas car il est très en pente et je ne veux pas qu’il y ait un problème avec l’huile moteur. Il faudra attendre que nous puissions recharger les batteries de service pour voir si tout fonctionne correctement à l’intérieur, mais pour cela, il faut qu’on branche Thor au secteur.

En fin de matinée, Juan Pablo nous ramène à l’hôtel. En route, nous repérons un garage qui fait aussi station de lavage. Nous contactons le garage Ford mais Thor est trop gros pour leur installation, ils ne peuvent pas le recevoir. Nous décidons de faire le minimum ici, vidange, filtres, contrôle des freins et nous ferons le reste à Bogota. Pas question de sortir Thor de son emplacement sans qu’ils soit assuré. Nous devons contracté un SOAT.

A midi, nous mangeons à l’hôtel et retrouvons notre soupe de poulet en entrée et le traditionnel plat de viande (poulet, beef ou porc), riz, quelques frites et une salade composée. Le tout accompagné d’un jus de fruit maison. En début d’après-midi, nous prenons un taxi pour nous rendre dans le centre historique pour acheter une carte SIM et assurer Thor. Nous retrouvons nos marques rapidement dans cette magnifique ville de Cartagena, c’est toujours aussi beau. Il y a du monde mais on voit clairement qu’il y a peu d’étranger. Nous traversons le “Parque Del Centenario” où nous retrouvons paresseux, singes et iguanes. Les belles colombiennes en habit traditionnel et panier de fruits frais sur la tête sont toujours prêtes pour “la” photo typique. Concernant les mesures anti-covid, le port du masque est obligatoire, contrôle du pass sanitaire à l’entrée de certains établissements. Pour les véhicules particuliers le dernier numéro de la plaque d’immatriculation indique le jour de la semaine où l’on peut circuler.

Si nous sommes rapidement reconnectés au réseau, il nous est impossible de trouver un assureur ouvert. La crise Covid est passée par là. Soit les locaux sont fermés définitivement soit les personnels sont en télétravail et on nous laisse même entendre qu’ils n’en délivrent plus aux étrangers. Sur leur site Internet, seuls les véhicules colombiens peuvent être assurés en ligne. Ça devient problématique. Si nous n’avons pas notre SOAT, impossible de bouger Thor, trop dangereux.

12 janvier

J’écluse et interroge tous les forums et contacte quelques voyageurs. Tous les renseignements que j’obtiens sont ante covid et ne sont plus au goût du jour. Finalement j’obtiens l’e-mail d’un agent d’assurance du Sud du pays, qui après surprise de mon contact direct, se propose de m’aider. Après moult échanges, elle finit par me dire que le TIP (permis temporaire d’importation) de Thor arrive à terme trop rapidement (21 janvier) et qu’il faut que je le renouvelle avant de pouvoir espérer être assuré. Je contacte Ana et ensemble nous rédigeons une nouvelle demande auprès des douanes (DIAN). Pas rapide en temps normal, là ils ne travaillent qu’à mi-temps…

En attendant, nous prolongeons notre séjour à l’hôtel, nuitée par nuitée, et flânons de temps à autre dans le centre historique, ce qui n’est pas désagréable. Nous mangeons le plus souvent à l’hôtel, à midi le menu est à 12 000 Cop par personne soit 4,5€ pour nous deux. Certes ce n’est pas très varié, ce qui est normal ici, c’est un établissement surtout fréquenté par des locaux, mais c’est toujours très bon. La variété se fait par les accompagnements, qui sont généralement riz, salade composée, frites, haricots rouges, bananes plantain frites, croquettes de yuka et patacones, la spécialité de la Colombie. Il s’agit de rondelles de bananes plantain un peu écrasées et frites à deux reprises.

Le soir c’est à la carte et nous payons environ 20 000 Cop par personne soit moins de 10€ pour nous deux. Les plats sont plus évolués, s’y ajoutent poisson, pâtes, hamburgers.

13 janvier

Toujours pas de nouvelles de la DIAN, on verra demain… Dans l’après-midi, on part faire un tour dans le centre historique, il y a beaucoup moins de monde que lors de notre dernière venue mais on voit toutefois quelques touristes.

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14 au 16 janvier

Le vendredi 14 toujours aucune nouvelle de la DIAN, ce sera donc pour lundi… peut-être. Samedi nous retournons faire un tour en centre ville. Nous nous faisons déposer au pied du Castillo de San Felipe de Barajas que nous avons déjà visité, mais nous n’avions pas vu “Los Zapatos Viejos”. Il y a énormément de monde et nous devons faire la queue pour immortaliser l’instant.

Cartagena de Indias - [Colombie]

Nous déambulons ensuite sur les remparts de la veille ville et traversons le «Barrio Getsemani», quartier très animé, quartier du street art. Nous sommes surpris de voir comment les graffitis se sont dégradés depuis notre dernier passage. Il est vrai que le climat caribéen est très agressif pour ces peintures.

Cartagena de Indias - [Colombie]

Cartagena de Indias - [Colombie]

Cartagena de Indias - [Colombie]

A midi, nous mangeons un peu à l’écart à “El Arsenal : The Rum Box”. S’il y a rhum dedans… ce doit être bien. Restaurant très atypique sur deux étages, très bien décoré. Nous sommes reçus avec une petite marmite de piments grillés, une tuerie, s’en suit une dégustation d’un vieux rhum colombien “Ron Viejo de Caldas” accompagné d’un petit chocolat colombien dosé à 35%. Il n’y a qu’en Europe que nous mangeons le chocolat très concentré. L’association est bonne mais on ne va pas se mentir, quand on connait les rhums agricoles antillais les autres rhums à 35° comme celui-là, distillé après extraction de la mélasse, font pâle mine, même s’ils sont bien parfumés. Si nous avons bien compris, ils ont plus de 80 rhums différents à la dégustation. Le repas est parfait, une bonne adresse. Nous finissons la journée dans le centre historique, très bon moment, cette ville est vraiment très agréable.

Cartagena de Indias - [Colombie]

Dimanche nous retournons en centre ville car le restaurant de l’hôtel est fermé. Nous nous arrêtons à midi Plaza San Diego où nous sommes attirés par de la salsa qui émane du restaurant “Cuba 1940”. Très bon choix, nous dégustons un ceviche de poisson au jus de maracuja et rhum blanc, sandwich cubain, yuka fris, le tout dans une très bonne ambiance. A mi-repas, un chanteur prend la place de la sono et nous chante des chansons d’amour dégoulinantes de “mi corazón” et de “mi amor”…

Cartagena de Indias - [Colombie]

Cartagena de Indias - [Colombie]

Cartagena de Indias - [Colombie]

Cartagena de Indias - [Colombie]

17 janvier

Journée décisive… on attend toute la matinée une réponse de la DIAN, midi approche et toujours rien, on se dit que c’est encore foutu pour aujourd’hui, puis je reçois un message de Ana qui me dit que son fils vient me chercher à l’hôtel car la DIAN veut me voir. Je ne suis pas très rassuré car depuis deux ans, tous les 3 mois, tout se passait par Internet. On arrive devant les locaux des douanes et l’on nous demande d’attendre à l’extérieur. Au bout d’une demi-heure, une inspectrice arrive avec un dossier à la main, l’oreille verrouillée à son téléphone. En pleine communication, elle me tend un stylo et me fait signe de parapher deux documents. Elle m’en rend un avec un grand sourire et s’en va. Nous n’avons pas échangé un seul mot. Je regarde plus attentivement le TIP, Thor peut circuler légalement en Colombie jusqu’au 20 avril…

Je passe le reste de la journée à me battre avec l’assurance via WhatsApp, la commerciale ne comprend pas du tout la “carte grise” américaine de Thor, je ne peux pas lui en vouloir, elle ne ressemble en rien à un document officiel, et peine à remplir les cases de son application. Finalement, vers 18h30, après un paiement en ligne, je reçois le fameux sésame, le SOAT. On va pouvoir enfin démarrer pour de bon…

Juste avant de descendre manger, on toque à la porte de la chambre, une employée de l’hôtel apparait, on la connait bien. En 2020 quand l’hôtel a fermé, elle pleurait car ici il n’y a aucune couverture sociale, pas d’emploi, pas d’argent. On voit immédiatement qu’elle n’est pas bien, elle nous tend un coffret contenant une montre et nous demande si nous ne voulons pas l’acheter. Elle nous explique que sa fille rentre à l’université (ici l’année scolaire commence fin janvier) et qu’ils n’ont pas assez d’argent pour lui payer ses études. Bien sur on refuse la montre et nous lui donnons un peu d’argent.

18 janvier

Ce matin Juan Pablo nous conduit une nouvelle fois auprès de Thor mais cette fois, c’est la bonne. La bodega nous fait cadeau d’une mois et demi de gardiennage, c’est sympa. Thor démarre du premier coup. Quelques petits coups de marche avant et arrière pour décoller les freins et c’est parti…Il faut vite se mettre dans le bain entre la boite auto, le gabarit, la circulation, l’état des routes, les deux roues qui font n’importe quoi. Direction le lavage, Juan Pablo nous conduit dans une grande station de lavage qui fait également garage. En route, on passe par une petite route qui finit avec deux poteaux, ça passe trop juste et j’abime un peu la bâche du auvent, entrée en matière difficile… du coup gros embouteillage, la police arrive, veut voir nos papiers, Corinne l’envoie bouler et lui dit que pour l’instant nous avons autre chose à faire. Il s’exécute et attend en faisant un peu de circulation. Avec l’aide des badauds, nous arrivons à passer sans trop de dégâts. Le policier contrôle tous nos documents, RAS on peut poursuivre…

Thor est pris immédiatement en compte :coup de balais sur le toit, mousse, lavage, bichonnage idem pour le moteur. Ils y ont passé trois heures. A midi nous retournons à l’hôtel pour prendre notre dernier repas et rendre notre chambre. Thor est garé sur le parking et joue à la vedette, toutes les filles de l’hôtel veulent le visiter. Grosses embrassades, photos souvenirs.

Nous partons direction un tapissier. Oui cela fait longtemps que le skaï qui se trouve sur le haut de notre banquette part en déconfiture. Les derniers 18 mois confinés dans un environnement chaud et humide n’ont fait qu’aggraver les choses. Nous choisissons la couleur du nouveau skaï et lui laissons tous nos éléments. On en profite pour changer également la mousse des assises. Ils viendront nous les livrer directement à l’hôtel dans 3 jours, seulement. Bon, ça a l’air d’être un peu le Bronx mais à l’hôtel, on nous dit qu’ils travaillaient très bien.

Si l’extérieur de notre casa rodante est nickel, il faut que l’on s’occupe maintenant de l’intérieur et de remettre en route tous les équipements. Nous nous rendons dans un hôtel/camping, très root, connu des voyageurs. Il est implanté au Nord-Est de Cartagena face à la mer des caraïbes. Sur place nous rencontrons son propriétaire, un français exilé depuis 60 ans. Il nous explique que l’établissement de 65 chambres est “fermé” et a été mis en vente mais qu’il accepte toutefois de nous accueillir. Nous garons Thor sous les arbres et prenons une chambre pour quelques nuits, le temps de tout remettre en route. Nous sommes les seuls clients de passage, il y a quelques permanents apparamment. Après quelques courses, nous mangeons ce soir chez nous !!! les choses sérieuses commencent…

19 janvier

Ce matin branle bas de combat, tout le monde sur le pont !!! on se lève de bonne heure car il y a du pain sur la planche. Corinne s’occupe de nettoyer l’intérieur et moi du reste. Corinne est surprise de l’état général, au final très peu de poussière, on dirait qu’on l’a laissé à peine quelques semaines.

A part une serrure d’un coffre qui me donne du fil à retordre, tout marche du premier coup. L’électricité du secteur de l’hôtel alimente bien tout Thor, le frigo et le congélateur redémarrent du premier coup, aucun problème avec le gaz, une fois notre réservoir d’eau rempli on teste la pompe à eau et les circuits, RAS. Nous avons amené une valise pratiquement pleine de pièces détachées, surtout des éléments en plastique, que j’avais commandés aux USA. Je change tout ce que j’avais prévu. Seules les cosses de mes deux batteries de service sont complètement oxydées et rongées, elles se désagrègent dès que je les démonte. Je bricole une solution temporaire, on les changera plus tard, les batteries se chargent à nouveau, c’est le principal.

Vers 15 heures, après que Corinne m’ait littéralement tondu, on sort de l’hôtel, traversons la route et accédons directement à la plage. Ce petit bain dans la mer des caraïbes fait du bien car il fait très très chaud. Les vagues sont importantes, on se fait malmener. En fin d’après-midi, nous allons faire quelques courses, il faut bien remplir le frigo…

20 au 24 janvier

On poursuit la mise en route de Thor en alternant travail et détente sur la plage. On libère notre chambre et nous nous installons complètement dans Thor. Pour l’occasion nous sortons notre extension pour agrandir notre surface utile. Les premières nuits sans clim sont un peu difficiles, on va s’y habituer. Au final tout fonctionne bien sauf notre générateur qui démarre mais s’arrête au bout de quelques secondes, certainement la carburation en raison de l’essence qui a stagné depuis 2 ans. On ne s’en sert pratiquement plus depuis que nous avons fait modifier notre système électrique à Denver mais on ne sait jamais. Il existe un réparateur à Cartagena, nous y passerons en partant. Nous changeons également notre fanion et notre drapeau français dont les UV ont eu raison. Il s’agit quand même de porter haut et fort l’image de la France et surtout… de ne pas se faire prendre systématiquement pour des étasuniens…

Vendredi matin on vient nous livrer notre nouvelle banquette. Le tapissier nous réinstalle tout, nous sommes super contents du travail réalisé, ça change tout, idem pour les mousses des assises qui étaient complètement affaissées.

En début d’après-midi, nous établissons notre futur parcours pour traverser la Colombie du Nord au Sud en essayant de relier tous les points d’intérêts que nous voulons visiter. Une fois finalisé, nous contactons Malika dit “Kika” de la Finca “La Bonanza” à Silvia, village indien situé dans le Sud. Malika et sa famille sont d’anciens voyageurs comme nous qui, arrivés en Colombie, ont décidé de poser leurs valises. Ils tiennent aujourd’hui un camping connu de tous les voyageurs, elle administre également le groupe “Familles AmSud” sur WhatsApp qui est une véritable mine d’or d’informations et de contacts entre voyageurs. Nous discutons un long moment, elle nous conseille d’ajouter, supprimer certains spots. Il faut toujours se renseigner auprès des locaux car il y a des renseignements que l’on ne trouve pas sur les cartes…

Cartagena de Indias - [Colombie]

En allant faire des courses, nous trouvons la Panaderia Kutú (boulangerie) juste derrière l’hôtel. Bon, en regardant la photo ce n’est pas très engageant avec ces grilles. Il faut savoir qu’en Amérique Latine, les petits commerces sont souvent protégés des braquages comme cela. On vous sert à travers une grille. Ils n’ouvrent que s’ils ont confiance. Nous y trouvons du vrai pain boule, ainsi que des pignas et des brioches noires farcies de fruits confits et de sauce au caramel. On ne comprend pas trop ce qu’il nous explique mais on prend. Nous nous régalons avec le pain qui très bon un peu “aigre” comme certains pains de campagne.

Lundi 24 nous quittons notre emplacement pour nous rendre dans une entreprise Cummins, marque de notre groupe électrogène. C’est toujours un grand stress de circuler avec Thor dans ces villes où tout le monde fait n’importe quoi, surtout les centaines de deux roues. Il faut rapidement faire abstraction des klaxons car ils klaxonnent tous. Quand on rentre dans une rue, on ne sait jamais comment elle va se terminer et si au final, on pourra en sortir. Ici, comme dans toute l’Amérique Latine, il n’existe aucune courtoisie au volant, c’est chacun pour soi. Même si un conducteur voit que vous êtes en pleine manoeuvre ou en train de reculer… il s’en fout et passe, parfois de justesse au grand dam de Corinne. Je ne parle même pas des taxis et collectivos.

Cartagena de Indias - [Colombie]

Arrivé chez Cummins, je suis très bien reçu. Ils sont habitués à travailler sur d’énormes unités et quand ils voient notre petit générateur, je les trouve dubitatifs, voir carrément perplexes. Après des dizaines de coups de fils, photos de la bête, réception de doc ils concluent qu’ils n’ont pas les compétences mais me trouve un autre Cummins à Baranquilla qui pourra traiter le patient. Ça tombe bien c’est notre prochaine étape. Echange de coordonnées, 5 minutes après je suis en contact avec une responsable, le rendez-vous est pris pour mercredi matin. Sur le chemin du retour, je fais changer mes cosses de batteries, les branchements sont maintenant plus conventionnels. Dans l’après-midi, nous refaisons un dernier tour à pied dans le centre historique de Cartagena et trainons en terrasse d’un café. Cette ville est vraiment très agréable, de loin la ville que nous avons le plus arpentée depuis le début de notre voyage, un peu par obligation aussi. Demain direction Baranquilla…

25 janvier

Ce matin nous passons la matinée à peaufiner notre départ. En début d’après-midi nous disons au-revoir à nos hôtes et prenons la route. Nous faisons le plein d’essence et sommes agréablement surpris du prix, 0,55 € le litre. Dès la sortie de Cartagena nous entrons sur une très belle route à péage. Une grande partie est construite sur un pont qui passe au-dessus de la Cienaga de la Virgen, une immense zone humide couverte de mangroves. Nous effectuons notre premier arrêt au “Volcan de Lodo El Totumo” cette attraction se trouve au bord de la Cienaga Del Totumo, une grande zone humide.

El Totumo - [Colombie]

Il s’agit en fait d’un grand cône au sommet duquel se trouve une piscine de boue. Pas sur que cela est un quelconque rapport avec un vrai volcan… Après avoir fait trempette, il ne vous reste plus qu’à prendre la douche dans un des petits commerces tout autour ou d’aller piquer une tête dans le marais. Pas vraiment adeptes de bain de boue, nous avons une très belle peau naturellement !!! nous avons passé notre tour…

El Totumo - [Colombie]

Nous poursuivons notre route jusqu’à la Baie de Trebal où nous nous posons pour la nuit sur la plage de Puerto Velero avec ses Palapas et ses hamacs. Si le week-end, l’endroit doit être bondé et bruyant, là il n’y a personne, nous sommes seuls au monde. Dès notre arrivée, une moto avec deux policiers arrivent et nous discutons 5 minutes. Il prend mon numéro de téléphone et me donne le sien et m’explique qu’ils passeront dans la nuit pour notre sécurité. L’océan est ici très calme dans la baie, cela change des rouleaux de Carthagène.

26 au 30 janvier

Nous passons une super nuit sur notre plage, suffisamment de brise pour maintenir une température agréable dans Thor. La mer est tellement calme qu’on ne l’entend même pas. Ce matin nous partons de bonne heure pour Baranquilla où nous avons rendez-vous chez Cummins pour notre générateur. La ville compte plus de 400 000 hbts et je pense qu’ils sont tous sur les routes ce matin. Nous sommes très bien reçus par tout le staff, ils font entrer Thor dans l’atelier et ils commencent à tout démonter. J’ai beau leur expliquer que tous les organes de vérification sont en façade, rien y fait, ils veulent le sortir complètement, bon… soit. Au bout de trois heures, la bête est à terre. A côté des autres dans l’atelier gros comme une voiture, le notre fait échantillon. Bref, ils me sécurisent tout le système qui reste connecté à Thor et me disent que je peux y aller.

On part donc à la découverte de cette ville, très industrielle. Sur la rocade, nous faisons un arrêt au monument “Ventana al Mundo” implanté sur un rond-point. Il date de 2018, date à laquelle la ville a accueilli les 23éme jeux d’Amérique Centrale et de la Caraïbe. Nous contournons le centre ville et trouvons un parking pour y laisser Thor et poursuivre la visite à pied. Visite rapide car il n’y a vraiment rien à voir, même la cathédrale, très moderne est fermée, de nombreux SDF dorment, cuvent sur les trottoirs, franchement on nous l’avait dit mais la ville ne présente aucun intérêt. Il est encore tôt et je ne me vois pas passer la nuit là. Je prends contact avec Cummins qui m’annonce que ça avance mais qu’il ne sera prêt que demain. Du coup nous retournons à notre bivouac. Sur place nous discutons un long moment avec la famille qui tient un petit restaurant, visite de Thor, bières…

Vendredi Cummins nous indique que notre générateur ne sera finalement prêt à être remonté que lundi matin, du coup, nous restons sur notre plage. Le restaurateur nous permet de nous brancher, d’utiliser ses toilettes et nous fait le plein d’eau. En fin d’après-midi, le patron vient nous voir pour nous prévenir que, le vendredi soir, des motards des quartiers de Baranquilla viennent faire un peu le foin, de tout ranger et de ne pas sortir. Effectivement, vers 23h00, on entend plusieurs dizaines de motos arriver sur la plage pour s’amuser. En dehors du bruit, aucune gêne particulière, aucun ne vient vers Thor.

Puerto Velero - [Colombie]

Samedi, nous allons faire le plein du frigo dans une épicerie au village de Puerto Colombia, pas facile de circuler dans ces petits villages mais on arrive quand même à se faufiller. Dans la nuit, nous avons assister à un truc étrange, irréaliste. Vers minuit, nous sommes réveiller par des… incantations. Nous regardons par la fenêtre et assistons à une sorte d’exorcisme, pas diabolique mais plutôt d’une maladie, vraissemblablement. Une des jeunes femmes du restaurant, que l’on n’avait pas trouvée en forme aujoud’hui, est allongée au sol et à l’air souffrante, et une sorte de “Chamane”, “guérisseuse”, parfois en crise de transe, est au-dessus d’elle, crie des incantations en envoyant de la fumée qu’elle sort d’un gros “pétard” et en lui jettant ce qui semble être de “l’eau”. D’autres personnes sont autour et veillent sur la “patiente”. Je reste un peu pantois en voyant cette scéne qui dure plusieurs heures. Au final, cela s’arrête et nous nous endormons. Ce matin nous avons vu la jeune femme, la tête défaite… mais en vie !!! Nous lui demandons des nouvelles mais n’osons pas évoquer cet épisode. Peut-etre un traitement anti-covid…

31 janvier

Ce matin nous quittons définitivement notre plage non sans dire au revoir à tout le monde. Nous arrivons pile à l’heure à Cummins mais le travail ne commence réellement qu’une heure plus tard. Bref à midi le générateur est remonté et il fonctionne.

On roule aussitôt vers Santa Marta. La route payante est toujours aussi agréable et facile de conduite. Nous travsersons des zones humides très sympas entre océan et marécages malheureusement aucun endroit n’est aménagé pour s’arrêter. Au niveau de pueblo Viejo juste avant Cienaga nous traversons de petits marais salants, la zone est très très pauvre et nous avons plus l’impression de traverser un bidon ville qu’un pueblo. Arrivés à Santa Marta nous faisons un tour en ville pour essayer de trouver un lieu pour la nuit mais nous abandonnons l’idée et sortons de la ville pour finir sur un parking gardé pour les poids-lourds. Tous les bivouacs se suivent mais ne se ressemblent pas…

01 février

Nuit très chaude et très bruyante, sans compter les camions qui ont démarré dans la nuit. On s’y attendait un peu. Ce matin nous prenons un collectivo pour nous rendre dans la vieille ville de Santa Marta. La ville est déjà beaucoup agréable et accueillante que Baranquilla. Le centre est très animé, nous visitons l’ancienne “Casa de la Aduana”, qui est la plus ancienne construction coloniale des amériques à être toujours debout. Simon Bolivar, le héros du Nord de l’Amérique du Sud y a vécu et y est mort. Elle abrite aujourd’hui le musée de l’or dont l’entrée est gratuite. On nous a demandé tout de même notre pass sanitaire. Le batiment est très beau et les objets présentés sont bien mis en valeur. Il n’y a pas énormément de piéces mais c’est très intéressant.

Santa Marta - [Colombie]

Santa Marta - [Colombie]

Nous passons ensuite devant la cathédrale qui est fermée. On ne retrouve pas pour l’instant dans l’Amérique latine la même ferveur catholique qu’au Mexique avec 6, 8, 10 messes par jour. Il y a aussi un très beau théatre art déco qui semble avoir été restauré récemment.Le malacon est très bien aménagé, une petite plage est coincée entre le port et les digues. A midi, nous mangeons dans un restaurant de la rue piétonne très bien décoré, le repas est quelconque.

Santa Marta - [Colombie]

Santa Marta - [Colombie]

Santa Marta - [Colombie]

En milieu d’après-midi, nous décidons de lever le camp en direction du Park National de Tayrona. Nous nous arrêtons à la Finca San Martin et sommes reçus par Claudia, très gentille, qui met à disposition des voyageurs un bout de terrain juste en limite du Parc. En discutant, elle nous apprend que le parc ferme 15 jours par an, et c’est… maintenant, pas de chance!!!. Nous nous installons quand même, Claudia nous prépare un café colombien très bon, fort mais fruité.

02 au 03 février

Nous passons deux jours chez Claudia, nous faisons quelques ballades aux allentours, mais une grande partie des abords des plages est privatisée, nous arrivons quand même à accéder à un Mirador situé Playa Los Angeles qui nous permet d’avoir une belle vue sur l’océan et les montagnes.

Tayrona - [Colombie]

Tayrona - [Colombie]

Un rio coule à quelques dizaines de mètres de nous. Je comptais le descendre jusqu’à l’océan mais la maitresse des lieux m’en a dissuadé, de nombreux caïmans résident dans l’embouchure. Claudia, qui est décidement adorable, nous accompagne à pied ce matin à la Playa Coco où nous passons un agréable moment, le temps est un peu nuageux et il fait moins chaud. Avant de partir, elle va ceuillir quelques Carambolles et nous propose un jus de fruit frais.

Tayrona - [Colombie]

Tayrona - [Colombie]

Tayrona - [Colombie]

En fin de journée, nous quittons Tayrona pour faire retour sur Santa Marta. Nous avons attend le point le plus au Nord de l’amérique du Sud que nous avons décidé de visiter. Nous pourrions poussé jusqu’à l’extrème et aller jusqu’au bout de la péninsule de Guajira mais il n’y a pas grand chose à voir et Thor n’aprécierait pas les pistes qui y mènent. Si nous regardons une carte plein Ouest nous sommes remontés pratiquement à hauteur du Nicaragua.

04 février

Ce matin nous prenons un collectivo pour le centre ville et recupérons un mini van qui fait la liaison avec Minca. Ce petit village très touristique se trouve dans le massif montagneux de la Sierra Nevada de Santa Marta dont le point culminant est le Pico Cristobal qui est à plus de 5750 mètres d’altitude. Nous nous arrêtons à Minca qui est à 600 mètres. Nous avons eu raison de ne pas y aller avec Thor. Même si la route est faisable, sur place, se garer aurait été une grosse galère. Plutôt déçus dans l’ensemble, le village en lui-même n’a aucun cachet et les excusions aux alentours sont hors de prix, c’est vraiment un attrape touristes.

Minca - [Colombie]

Après, si les gens ne visitent que la côte carïbéenne, cela leur permet de voir un peu la montagne, des cascades et fincas de café. Le seul point positif est sa panaderia francese où nous trouvons du vrai pain au levain. D’ailleurs, les deux clientes devant nous sont françaises…

Minca - [Colombie]

Bref après diner nous décidons de redescendre sur Santa Marta et nous reprenons le volant en direction de Mompox. La route est belle mais en raison d’un accident, nous perdons plus d’une heure dans les embouteillages et devons nous arrêter à Bosconia dans un parking pour camion pour la nuit.

05 et 06 février

Nuit chaude et bruyante comme les autres. Nous reprenons la route direction Santa Crux de Mompox qui est inscrite au patrimoine de l’humanité à l’Unesco. Fondée en 1540 par les espagnols au bord d’une rivière, cette ville coloniale est restée dans son jus. Nous y arrivons en fin de matinée, une fois de plus, la route est impeccable et on comprend aisément les quelques péages.

Santa Cruz de Mompox- [Colombie]

Le village étant très étroit, nous n’avons pas beaucoup d’options pour la nuit. Nous trouvons finalement un grand parking où Thor n’a aucune difficulté pour s’intégrer. En milieu d’après-midi, nous visitons cette ville vraiment très agréable dont les grands édifices ont été bien conservés. Le long du fleuve un malecon ombragée abrite de nombreuses boutiques et restaurants, nous y passons un agréable moment.

Santa Cruz de Mompox - [Colombie]

En rentrant, quelques mètres avant notre parking nous voyons une femme installer une nappe blanche sur une table au milieu de la rue. Devant notre étonnement certainement visible de loin, elle nous demande de nous approcher et nous explique qu’à 19 heures, il y aura une messe. A l’heure dite, je me pointe et effectivement il y a une cinquantaine de personnes assises et le curé qui se prépare. J’ai finalement assisté à la messe compléte, on est même venu m’apporter une chaise, autant dire que j’ai fait sensation.

Santa Crux De Mompox - [Colombie]

Le lendemain matin, je refais un tour du village pour bénéficier d’une belle lumière et j’en profite pour faire quelques photos. L’eglise de Santa Barbara est très originale car elle présente un clocher de forme octogonale de style baroque mauresque très particulier. Datant de 1613 c’est l’un des rares au monde à être doté d’un balcon.

Santa Cruz de Mompox- [Colombie]

Santa Cruz de Mompox- [Colombie]

Santa Cruz de Mompox- [Colombie]

Santa Cruz de Mompox- [Colombie]

Santa Cruz de Mompox- [Colombie]

Santa Cruz de Mompox- [Colombie]

Après le déjeuner, nous prenons la route pour une longue étape puisque nous quittons le Nord de la Colombie pour nous enfoncer au centre du pays en région montagneuse, notre prochaine destination, la région de Medellin.

Un résumé de cette dernière partie de notre voyage en vidéo :